7

Ils quittèrent Ranch Road pour bifurquer sur un chemin de terre à peine visible au clair de lune. Roy était devant. Au-delà de la crête de la colline, la piste devenait un étroit sentier. Trois cents mètres plus loin, il tournait vers le nord, et ils continuèrent en direction de l’ouest, poussant leurs bicyclettes à travers les hautes herbes et la terre sablonneuse.

Moins d’une minute après être sortis du sentier, la lumière du vélo de Roy s’éteignit.

Colin s’arrêta immédiatement, le cœur bondissant follement comme un lapin terrifié dans une cage. « Roy ? Où es-tu ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-il arrivé, Roy ? »

Roy déboucha de l’obscurité dans le pâle faisceau de lumière diffusé par le vélo de Colin. « Il nous reste encore deux collines à franchir avant d’arriver au drive-in. Ça ne rime à rien de se battre plus longtemps comme ça avec les vélos. On va les laisser là et on les reprendra en revenant. »

— Et si quelqu’un les vole ?

— Qui ?

— Est-ce que je sais ? Mais si quelqu’un les pique ?

— Un réseau international de voleurs à bicyclettes avec des ramifications clandestines dans chaque ville ? (Roy secoua la tête, ne cherchant nullement à dissimuler son exaspération.) Tu t’inquiètes davantage pour des conneries que n’importe qui.

— Si quelqu’un les volait, il faudrait qu’on rentre à pied à la maison – sur huit ou neuf kilomètres, peut-être plus.

— Pour l’amour du ciel, Colin, personne ne sait que les vélos sont là ! Personne ne va les voir, et encore moins les voler !

— Bon, et si on revient, et qu’on ne les retrouve pas dans le noir ?

Roy grimaça, et il n’eut pas seulement l’air dégoûté, mais aussi démoniaque. C’était un effet de la lumière ; la lueur du feu avant n’illuminait que les aspects anguleux de ses traits, laissant dans l’ombre presque tout son visage, si bien qu’il paraissait déformé, moins qu’humain.

— Je connais cet endroit, répliqua Roy avec impatience. Je viens ici tout le temps. Fais-moi confiance. Tu viens maintenant ? On est en train de rater le film.

Il se détourna et s’éloigna.

Colin hésita avant de réaliser que s’il n’abandonnait pas son vélo, Roy le laisserait là. Il ne voulait pas se retrouver seul au milieu de nulle part. Il coucha la bicyclette sur le côté et éteignit le phare.

L’obscurité l’enveloppait. Il prit subitement pleinement conscience d’un millier de chants surnaturels, l’incessant coassement des crapauds. Des crapauds, simplement ? Peut-être une chose bien plus dangereuse que cela. Les nombreuses et étranges voix des ténèbres s’élevaient en un concert de cris perçants.

La peur l’envahit, comme de la bile se répandant d’un boyau transpercé. Les muscles de sa gorge se nouèrent. Il avait des difficultés à déglutir. Si Roy lui avait parlé, il n’aurait pu lui répondre. En dépit du vent frais, il se mit à transpirer.

Tu n’es plus un enfant, se dit-il. Cesse de te comporter comme un bébé.

Il mourrait d’envie de se pencher et de rallumer le phare, mais ne voulait pas que Roy découvre sa peur du noir. Il désirait être comme Roy, et Roy n’avait peur de rien.

Heureusement, Colin n’était pas complètement aveugle. La lampe du vélo n’était pas terriblement puissante, mais ses yeux s’habituèrent rapidement à son absence. Un clair de lune laiteux s’étendait sur le terrain ondulé. Il aperçut Roy qui franchissait à petits bonds le versant de la colline devant lui.

Colin tenta de faire un mouvement ; en vain. Ses jambes semblaient peser cent kilos chacune.

Quelque chose siffla.

Colin inclina la tête. Écouta.

À nouveau le sifflement. Plus fort. Plus près.

Quelque chose bruissa dans l’herbe à proximité de ses pieds, et Colin déguerpit. Ce n’était sans doute qu’un inoffensif crapaud, mais cela lui donna la motivation nécessaire pour bouger.

Il rattrapa Roy, et quelques minutes plus tard, ils atteignirent le versant arrière surplombant le Fairmont. Ils descendirent à mi-chemin de la colline et s’assirent par terre, côte à côte dans l’obscurité.

À leurs pieds, les voitures garées dans la cuvette du drive-in étaient orientées vers l’ouest. L’écran de cinéma leur faisait face, et au-delà s’étendait l’artère principale de Santa Leona.

Sur l’écran géant, un homme et une femme marchaient sur une plage au soleil couchant. Bien qu’il n’y eut pas de haut-parleur sur la colline, et donc pas de son, Colin constata d’après les gros plans que les acteurs parlaient avec animation, et il aurait bien voulu pouvoir lire sur leurs lèvres.

Au bout d’un moment, Colin dit : « Je commence à croire que c’était une idée stupide – faire tout ce chemin pour regarder un film qu’on ne peut même pas entendre. »

— T’as pas besoin de son pour celui-là.

— Si on entend rien, comment peut-on suivre l’histoire ?

— Les gens ne vont pas au Fairmont pour l’histoire. Tout ce qu’ils veulent, c’est voir des nichons et des culs.

Colin regarda Roy, bouche bée. « De quoi tu parles ? »

— Le Fairmont est bien situé. Aucune maison à proximité. Tu ne peux pas voir l’écran depuis la route. Alors ils passent du porno soft.

— Ils passent quoi ?

— Des pornos soft. Tu sais pas ce que c’est ?

— Non.

— T’as beaucoup de choses à apprendre, mon petit pote. Heureusement, t’as un bon professeur. C’est-à-dire, moi. C’est de la pornographie. Des films cochons.

— Tu-tu veux dire qu’on va voir des gens… en train de le faire ?

Roy ricana. Ses dents et ses yeux attrapèrent la clarté de la lune. « C’est ce qu’on verrait si c’était du hard, dit-il. Mais ce n’est que du soft. »

— Oh ! (Colin n’avait pas la moindre idée de ce dont Roy parlait.)

— Par conséquent tout ce que nous allons voir, expliqua Roy, c’est des gens nus qui font semblant de le faire.

— Ils sont… vraiment nus ?

— Évidemment.

— Pas complètement nus ?

— Complètement.

— Pas les filles.

— Surtout les filles. Regarde le film, ballot.

Colin se tourna vers l’écran, et eut peur de ce qu’il risquait de voir.

Le couple sur la plage s’embrassait. Puis l’homme recula, la femme sourit, et elle se caressa, l’excitant, elle mit la main dans son dos, puis dégrafa le haut du bikini qu’elle portait et le laissa glisser lentement le long de ses bras, et soudain ses seins nus apparurent, gros, fermes et dressés, s’agitant délicieusement, et l’homme les toucha…

— Ouais, prends-la. Prends-la bien, dit Roy.

… et l’homme lui caressa les seins, les étreignit, la femme ferma les yeux et sembla soupirer, et l’homme lui saisit doucement les mamelons gonflés.

Colin n’avait jamais été aussi gêné de sa vie.

— Quel châssis elle a ! s’exclama Roy plein d’enthousiasme.

Colin aurait voulu être ailleurs. N’importe où. Même là où étaient les bicyclettes, seul, dans le noir.

— Tu trouves pas qu’elle a un super châssis ?

Colin avait envie de se glisser dans un trou et de se cacher.

— Tu aimes ce châssis ? Colin ne parvenait pas à parler.

— T’aimerais les lui mordiller ? Il aurait voulu que Roy se taise.

Sur l’écran, l’homme se pencha et mordilla les seins de la femme.

— T’aimerais t’enfouir dans ceux-là ?

Bien que le film choquât et embarrassât Colin, ses yeux ne pouvaient s’en détacher.

— Colin ? Hé, Colin !

— Hein ?

— Qu’en penses-tu ?

— De quoi ?

— Son châssis.

Sur l’écran, l’homme et la femme couraient sur le sable vers un endroit recouvert d’herbe où s’allonger. Ses seins rebondissaient et ballottaient.

— Colin ? Tu as perdu ta langue ?

— Pourquoi veux-tu que j’en parle ?

— C’est plus marrant. Là-haut, on n’a pas le son, alors eux, on peut pas les entendre en parler.

Le couple s’était étendu sur l’herbe, et l’homme lui embrassait à nouveau la poitrine.

— T’aime ses tétons ?

— Seigneur, Roy !

— Alors ?

— Je suppose.

— Tu supposes ?

— Oui, bien sûr. Ils sont beaux.

— Quel genre de type n’aimerait pas ce châssis ? Colin ne répondit pas.

— Peut-être qu’un pédé ne l’aimerait pas, dit Roy.

— Moi je les aime, répondit Colin d’une petite voix.

— Qu’est-ce que t’aimes ?

— Est-ce que tu as oublié de quoi on parlait ?

— Je veux t’entendre le dire.

— Je l’ai déjà dit. Je les aime.

— Qu’est-ce que tu aimes ? s’obstina Roy. Sur l’écran : des mamelons dressés.

— Qu’est-ce que tu as ? demanda Colin.

— Moi ? Je n’ai rien.

— T’es bizarre, Roy.

— C’est toi qui as peur de le dire.

— Dire quoi ?

— Comment tu les appelles ?

— Seigneur !

— Comment tu les appelles ?

— D’accord, d’accord. Si ça peut te faire taire, je vais le dire.

— Alors dis-le.

— J’aime son châssis. Voilà. T’es content, maintenant ?

Colin rougissait comme une pivoine. Il se félicitait de l’obscurité.

— Donne-moi un autre mot.

— Hein ?

— Un autre mot que « châssis ».

— Tu me ficheras la paix ?

Sur l’écran : des seins mouillés de salive.

Roy lui prit le bras et le serra, lui faisant un peu mal. « Un autre mot. »

— Tu l’as déjà dit. T’as l’air de tous les connaître.

— Et tu dois les apprendre.

— En quoi c’est si bien de dire des gros mots ?

— Est-ce que le petit Colin a peur que sa maman l’entende et qu’elle lui lave la bouche avec du savon ?

— Ne sois pas ridicule, répliqua Colin, luttant pour garder sa dignité.

— Alors si t’as pas peur de maman, donne-moi un autre mot. Regarde-moi cet écran et dis-moi ce que t’aimes.

Colin se racla nerveusement la gorge. « Eh bien… sa poitrine me plaît. »

— Sa poitrine ? Seigneur, Colin ! La poitrine, c’est ce qu’on trouve chez un poulet !

— Bon, mais ça s’appelle pareil chez une femme, se défendit Colin.

— Pour les médecins, peut-être.

— Pour tout le monde.

Roy accentua sa pression sur le bras de Colin, et lui enfonça ses ongles pointus dans la chair.

— Merde, lâche-moi ! Tu me fais mal.

Il tenta de se dégager mais n’y parvint pas. Roy était très fort.

Le visage de Roy n’apparaissait que partiellement à la clarté glacée de la lune, mais Colin n’aima pas le peu qu’il put en voir. Ses yeux étaient grands ouverts, perçants, fiévreux. Colin s’imagina qu’ils radiaient de la chaleur. Ses lèvres étaient rentrées en un sourire forcé, comme s’il allait montrer les dents, tel un chien prêt à l’attaque.

À cause de quelque chose d’extraordinaire dans ces yeux, surnaturel et puissant, mais indéfinissable, et en raison de l’intensité avec laquelle il s’exprimait, Colin réalisa que Roy attachait une importance capitale à cette bizarre conversation. Il ne s’agissait pas seulement de tourmenter Colin, mais de le provoquer. C’était une partie de bras de fer, et d’une manière que Colin ne saisissait pas, l’issue en déterminerait leur avenir commun. Il pressentait également, sans véritablement comprendre pourquoi, que s’il ne gagnait pas ce combat, il le regretterait amèrement.

Roy serra plus fort. « Aïe ! Putain, Lâche-moi. »

— Donne-moi un autre mot.

— Quel intérêt ?

— Donne-moi un autre mot.

— Roy, tu me fais mal.

— Donne-moi un autre mot et je te lâcherai.

— Je croyais que t’étais mon ami.

— Je suis le meilleur ami que tu auras jamais.

— Si tu étais mon meilleur ami tu ne me ferais pas mal, répliqua Colin, les dents serrées.

— Si tu étais mon ami, tu dirais le mot. Merde, qu’est-ce que ça te coûte de le prononcer ?

— Et toi, qu’est-ce que ça te coûte si je le dis pas ?

— Je croyais que tu avais dit que je pouvais avoir confiance en toi, que tu ferais tout ce que je voudrais, comme un ami digne de ce nom. Et tu ne veux même pas discuter avec moi de ce film à la con.

— OK, OK, répondit Colin. Et il se sentit effectivement un peu coupable, car ce que lui demandait Roy était vraiment une toute petite chose.

— Dis-moi « nichons ».

— Nichons, dit Colin d’une voix étouffée.

— Dis-moi « tétons ».

— Tétons.

— Dis « nénés ».

— Nénés.

— Dis-moi que tu aimes ses nichons.

— J’aime ses nichons.

Roy le lâcha. « C’était si difficile ? »

Colin se massa doucement le bras.

— Hé ! fit Colin, ça te plairait pas de porter ses nichons comme protège-oreilles ?

— T’es grossier.

Roy se mit à rire. « Merci. »

— Je crois que tu m’as fait saigner.

— Arrête de faire le bébé. J’ai juste serré un peu. Waouah ! Regarde l’écran !

L’homme avait à moitié baissé le maillot de la fille. Il lui caressa ses fesses nues, qui étaient très blanches comparées à son dos et ses cuisses bronzées, si blanches qu’on aurait dit les deux moitiés rebondies d’une noisette claire entourée d’une coquille marron clair.

— Je pourrais manger des kilos de ce cul-là au petit déjeuner ! s’exclama Roy.

L’homme sur l’écran était nu également. Il s’allongea sur le dos et la femme se mit à califourchon sur lui.

— Ils vont pas nous montrer le meilleur moment, reprit Roy. Pas au Fairmont. On la verra pas se faire baiser.

La caméra resta fixée sur sa poitrine rebondissante et sur son magnifique visage, contracté par une extase feinte.

— Est-ce que ça te fait bander ? demanda Roy.

— Hein ?

— Ça te donne une érection ?

— T’es bizarre.

— T’as peur de ce mot-là aussi ?

— Je n’ai peur d’aucun mot.

— Alors dis-le.

— Seigneur !

— Dis-le.

— Érection.

— T’en as une ?

Colin était presque malade de confusion.

— T’es en érection, mon petit pote ?

— Ouais.

— Tu sais comment ça s’appelle ?

— Marvin.

Roy se mit à rire. « C’est marrant. Vite fait. Ça me plaît, ça. »

L’approbation de l’autre garçon était un palliatif. La peur de Colin ne s’était que faiblement atténuée.

— Sais-tu vraiment comment ça s’appelle ?

— Un pénis.

— C’est aussi sale que « poitrine ».

Colin ne répondit pas.

— Dis-moi « bite ».

Colin le lui dit.

— Très bien. Parfait. Avant la fin de ce film, tu connaîtras tous les mots, et tu te sentiras à l’aise avec eux, comme moi. Reste avec moi, petit, et je ferai ton éducation. Hé, regarde ! Regarde ce qu’il est en train de lui faire ! Regarde, Colin ! Quelle éclate ! Regarde !

Colin eut l’impression d’être sur un skateboard lancé à toute vitesse sur une longue descente à pic, et d’en avoir perdu tout contrôle. Mais il regarda.

La voix des ténèbres
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